Huit décennies d'éducation populaire au service des jeunes sourds

En 2014, nous avons fêté à la fois le 80e anniversaire de la création du groupe d’Éclaireurs de France, (E.D.F.) association de scoutisme laïque, à l’Institut National de Jeunes Sourds (I.N.J.S.), alors dénommé « Institution Nationale des Sourds-Muets » (I. N.S.M.) et le 50e anniversaire de l’association « Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds » (L.E.J.S.) qui en est issue. Cette manifestation a donc concrétisé huit décennies d’éducation populaire au service des jeunes sourds et malentendants.

Ces rubriques ont pour but de présenter les étapes principales de cette action, son évolution et les raisons de cette évolution au cours de ces décennies. Elles résument successivement :

 

En tout premier lieu, une présentation du contexte de notre action : la surdité, ses définitions et ses problèmes, son histoire, l’Institut National hier et aujourd’hui.

 

  • Ensuite, les origines et le fonctionnement du groupe E.D.F. de l’I.N.J.S. :

    le scoutisme, à partir de sa création en 1907 pour les garçons en Grande-Bretagne par Robert Baden-Powell ; le scoutisme laïque, à partir de la création en 1911 de l’association des Éclaireurs de France, « ouverte à tous, sans distinction d’origine, de race ou de croyance »; l’ouverture aux filles, à partir de la création en 1921 de la « Fédération Française des Éclaireuses »(F.F.E.); le scoutisme dit « d’extension » aux handicapés et la création du groupe aux environs de 1934, son fonctionnement et ses activités, ses relations avec les autres groupes et le scoutisme international.
  • Ses prolongements en réponse à un besoin évolutif :

    la création de l’association « Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds » en coopération avec la « Société Centrale d’Éducation et d’Assistance aux Sourds-Muets en France » ; la création et le fonctionnement du centre de rencontres du Fieux près Saint-Goussaud dans la Creuse ; la mise en place de stages de formation d’animateurs sourds avec accompagnement en langue des signes ; la participation aux activités de l’Union Nationale pour l’Insertion Sociale des Déficients Auditifs (UNISDA).
  • Enfin, son évolution vers la situation actuelle :

    l’arrêt des activités du centre du Fieux ; une nouvelle organisation des stages et des séjours ; les activités proposées actuellement et leur organisation.

Ces informations sont, dans toute la mesure du possible, illustrées par des documents d’origine qui permettent une vue fidèle de la réalité de ces huit décennies.

 

Petit résumé : 

 

- Première période, de 1934 à 1964 :

Il existe des groupes Éclaireurs de France dans les Instituts, qui comportent de grands internats. Les activités pendant l’année comprennent des réunions, des sorties, des fêtes et l’organisation de camps.

La pédagogie est celle du Mouvement : engagement des jeunes (promesse), prise des décisions en conseil, vie près de la nature, vie en petits groupes, prises de responsabilité réelles, avec des responsables sourds.

Les « interprètes » sont des malentendants, de bons labio-lecteurs, des enfants ou frères et sœurs de sourds : la communication est « totale » et englobe tous les moyens.

Les diplômes sont ceux des stages, dénommés « camps-écoles » des Éclaireurs de France et il n’y a pas de formation spécifique pour les sourds.

 

- Deuxième  période, de 1964 à 1975 :

On ressent le besoin d’une association spécifique pour les sourds et, avec la Société Centrale, le groupe crée l’association « Loisirs éducatifs de jeunes sourds ».

À partir de 1964, les groupes Éclaireuses et Éclaireurs de France des instituts persistent, mais sont transformés par la nouvelle organisation des établissements : fermeture le week-end, arrivée des éducateurs. Les activités se passent essentiellement pendant l’été, avec l’achat du centre du Fieux (revendu en 2007). Les séjours sont déclarés par EEDF/LEJS mais c’est le sigle LEJS de l’association Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds qui est connu et reconnu dans le secteur.

En 1973 a lieu le premier stage de moniteur pour les sourds, déclaré par LEJS ; l’association accueille des interprètes stagiaires, la langue des signes française monte en puissance, les subventions augmentent. Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds participe à la création de l’UNISDA, Union Nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif et y joue un rôle important (action pour l’adaptation des émissions de télévision).

 

- Troisième période, de 1975 à 2002 :

En 1975, les services de la Jeunesse et les Sports édictent de nouveaux règlements et organisent le BAFA (Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur). L’association LEJS n’est pas habilitée pour l’organisation des nouveaux stages, qui sont déclarés par les EEDF, groupe de l’INJS Paris. 

Il y a création d’un BAFA en langue des signes, le BAFD (Brevet d’Aptitude aux Fonctions de Directeur) étant « mixte ». Les équipes sont toujours bénévoles, en coopération entre les membres du groupe EEDF et de l’association LEJS.

 

- Quatrième période, depuis 2002 :

Les équipes bénévoles ont de plus en plus de mal dans l’organisation administrative des séjours et des stages.

Pour les séjours, un accord est passé avec des groupes EEDF organisateurs de séjours, le BAFA restant de la responsabilité des EEDF de la région.

Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds continue de fonctionner de façon complémentaire dans le créneau suivant :

- l’association est bien intégrée dans le milieu des personnes sourdes : UNISDA, associations d’anciens élèves…

- elle a de bonnes relations avec la Mairie de Paris et les organismes officiels, 

- elle participe à différentes rencontres et congrès de sourds ou traitent de la surdité, 

- elle gère les fonds de la vente du Fieux, ce qui permet l’attribution d’aides financières pour différentes activités, 

- elle a d’excellentes relations avec l’INJS de Paris.