Une vie d’association

La création de « Loisirs Éducatifs de Jeunes Sourds », en 1964, avait essentiellement pour but d’accompagner, en coopération avec la Société Centrale, la création du centre du Fieux ; quelques années plus tard, elle a également pris en charge l’organisation de stages de formation utilisant la langue des signes. Elle a également été partie prenante lors de la création de l’UNISDA, Union Nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif. On peut considérer que l’existence de cette association, en coopération avec les Éclaireuses & Éclaireurs de France qui en restent l’origine, a permis de prendre en compte la réalité des problèmes spécifiques posés aux sourds, et d’assurer le lien avec l’ensemble du secteur.

 

Le fonctionnement de l’association 

Comme toutes les associations « loi de 1901 », Loisirs Éducatifs est tenue d’appliquer ses statuts, c’est-à-dire :

-   de recruter des membres,

-   d’élire un « conseil d’administration »,

-   d’organiser annuellement une « assemblée générale »,

-  de présenter au vote de cette assemblée un rapport « moral » et un rapport « financier », ainsi que des projets d’activités et de budgets.

Au cours des premières années, ces réunions statutaires ont été organisées en liaison très étroite avec la Société Centrale, les A.G., en particulier, ayant lieu aux mêmes dates. Par la suite, les activités se sont différenciées et la connexion a été moins directe, mais les relations sont toujours restées excellentes.

En ce qui concerne le recrutement, il s’adressait surtout, à l’origine, aux membres de la Société Centrale et des Éclaireuses & Éclaireurs de France. Il a également évolué lorsque les activités se sont ouvertes.

Le conseil d’administration, de 15 membres, est composé de personnes sourdes et entendantes. À l’origine, elles sont membres du conseil de la Société Centrale ou des E.E.D.F.. Petit à petit, il va être utile de proposer à des animateurs de séjours et de stages de participer aux décisions en devenant membres du conseil. Comme prévu par les statuts, le conseil élit un président et un bureau.

Monsieur Raymond Pédrot, maire du 5e arrondissement de Paris, président de la Fédération des Œuvres Laïques de la Seine, président de la Société Centrale, nous a fait l’honneur d’être notre premier président. Lui ont succédé Yvon Bastide, responsable régional E.E.D.F., François Daubin, responsable national E.E.D.F., puis Brigitte Vazquez, présidente de l’Association amicale des anciens élèves de l’I.N.J.S., Gaelle Le Cerf, Jeannine Poulain et, actuellement, Astrid Blanc.    

L’Assemblée Générale est organisée annuellement et, entre deux A.G., plusieurs réunions du conseil permettent de suivre au plus près les évolutions de la situation et d’en tirer les conclusions qui s’imposent. Il est évident que, lors de la création de l’association L.E.J.S. en coopération avec la Société Centrale, le projet de création d’un centre de vacances était un objectif important, en complément de l’aide au groupe E.E.D.F.. Mais, par la suite, cet objectif s’est élargi et, à côté des aménagements progressifs du centre, se sont ajoutés, comme indiqué plus haut :

- l’ouverture des activités à des jeunes sourds venant de tous les coins de France, supposant une organisation que nous allons évoquer,

- la mise en place des stages utilisant la langue des signes, ouverts également à un recrutement « national »,

- la participation aux travaux de l’UNISDA concrétisant les relations avec les autres associations du secteur.

Ces nouvelles préoccupations ont totalement justifié le maintien du fonctionnement de Loisirs Éducatifs, en coopération avec les E.E.D.F. apportant leurs compétences et leurs moyens pour certains volets de notre organisation commune.

Nous allons évoquer successivement :

- l’organisation de l’association, en particulier pour le recrutement des participants aux séjours et aux stages,

- ses moyens d’information,

- ses relations avec les autres associations du secteur dans le cadre de l’UNISDA avec un accent un peu particulier sur notre action pour l’adaptation de la télévision aux déficients auditifs.

 

L’organisation de l’association :

Pour en terminer avec cette présentation de l’association, il paraît nécessaire d’évoquer le côté « administratif » de ses activités. Les séjours et les stages organisés par l’association, en coopération permanente avec les E.E.D.F. et sous leur responsabilité, au Fieux ou en d’autres lieux, sont proposés à des jeunes sourds venant de tous les coins de France et quelquefois de l’étranger : cela suppose que leurs familles soient informées et que soient mis en place les moyens de les « recruter », par l’intermédiaire des établissements d’enseignement (et, par exemple, de leurs assistantes sociales).

Au début, tout est facile : les jeunes qui campent l’été participent à des activités durant toute l’année scolaire. Ils sont tous élèves de l’I.N.S.M. devenue l’I.N.J.S., on peut rencontrer leurs parents et obtenir les autorisations lorsqu’ils viennent chercher leurs enfants à l’Institut. Les responsables Éclaireurs les encadrent avec l’aide de quelques amis. La proximité de deux « grandes écoles », Polytechnique et Normale Supérieure, permet d’y recruter quelques élèves anciens du scoutisme. Chaque année, deux lieux sont proposés pour les camps, l’un pour les louveteaux, l’autre pour les éclaireurs et les aînés. Ces lieux sont différents chaque année et, comme nous l’avons vu, quelques séjours « exceptionnels » sont organisés de temps en temps. Les « camps fixes type scout » ont la possibilité de s’installer dans des lieux « sauvages » avec un minimum de bâtiments et de contraintes. Ajoutons, et c’est un point important, que la plupart de nos interlocuteurs des services de la Jeunesse sont issus d’associations d’éducation populaire et sont, le plus souvent, plus compréhensifs qu’administratifs…

Afin de permettre la venue d’enfants de plus en plus dispersés dans les différents établissements spécialisés, français et quelquefois étrangers, il va falloir organiser une information systématique. Un petit groupe de volontaires bénévoles va être réuni, pour rédiger, imprimer, expédier les documents de présentation, accompagner les demandes de bourses de vacances auprès des différents organismes concernés, et, en particulier, auprès des caisses d’Allocations Familiales, chacune ayant ses propres formulaires…, envoyer les fiches « départ » avec l’organisation du transport pour les jeunes isolés ! Pendant plusieurs années, ce travail a été bénévolement assuré par Mmes Aladenise, Flandé, Rousseau et Bastide.

Ce suivi va, progressivement, devenir trop compliqué pour être assuré par des bénévoles travaillant aux mêmes heures que leurs interlocuteurs des établissements et des services sociaux. Notre objectif restant la proposition de séjours en coéducation avec de jeunes entendants, nous allons nous rapprocher du service « vacances » des Éclaireuses & Éclaireurs de France de Compiègne, également organisateur de séjours « ouverts » permettant d’assurer le recrutement de jeunes entendants. Les « permanents » de ce service vont assurer la relève dans le cadre d’une convention de coopération entre nos deux associations, Loisirs Éducatifs gardant la responsabilité de la définition et de la mise en œuvre de la pédagogie adaptée aux sourds, en particulier pour le recrutement des cadres des séjours.

En ce qui concerne les cadres, ils sont fidèles et reviennent d’une année sur l’autre, les nouveaux faisant la connaissance de l’association grâce à des amis, sur candidatures spontanées ou en ayant participé à des stages BAFA. Rappelons en effet que, en plus des connaissances générales nécessaires à l’animation, il faut un minimum de connaissance des moyens de communication avec les sourds et, en particulier, de la langue des signes.

Chaque année, plusieurs réunions permettent de choisir en commun – démocratiquement – les lieux, les dates, les activités, les prix et, en fonction des compétences de chacun, de répartir les responsabilités d’activités. C’est ainsi que le relais a pu être progressivement assuré, depuis les camps scouts du groupe de l’I.N.S.M. au début jusqu’à la situation actuelle.

 

Notre communication

L’information sur les activités :

Chaque année, les activités sont présentées par un document un peu « bricolé » résumant les choix pédagogiques en même temps que les propositions :

 

 

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Le Bulletin d’information de la Société Centrale et de Loisirs Éducatifs publie une fiche de présentation des séjours qui est diffusée par ailleurs aux intéressés. L’information est également retransmise par d’autres publications d’associations, comme la revue « Communiquer » de l’ANPEDA (Association Nationale de Parents d’Enfants Déficients Auditifs) également membre fondatrice de l’UNISDA :

 

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Par la suite, cette activité sera prise en charge par le « service vacances » E.E.D.F. de Compiègne, qui recrute, par ailleurs, des jeunes entendants, pour des séjours en coéducation. C’est cette solution, mise en place au début des années 2000, qui a fonctionné jusqu’en 2013. Ci-après, le document de présentation des séjours édité par le service de Compiègne en 2011 :

 

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L’évolution de notre communication :

Tout au long de ces huit décennies, les équipes d’animation se sont préoccupées de faire connaître leurs choix pédagogiques, les solutions qu’elles proposaient, leurs activités, leurs références… Vaste programme, qui se traduit, surtout à partir du redémarrage du groupe après la seconde guerre mondiale, par une série d’articles publiés par un certain nombre d’organes différents. En réalité, les destinataires de cette « communication » sont de différentes natures, ce qui justifie l’emploi de supports – et de langages – très variés :

- communication vers le Mouvement d’abord : il est important de faire comprendre à tous ceux qui « font du scoutisme » en quoi celui qui est proposé est, à la fois, comparable et différent. On peut rappeler une anecdote : un « grand chef » national de passage à l’I.N.J.S. a fait aigrement remarquer qu’il était interdit de modifier la loi de l’éclaireur, dont le premier article était « l’éclaireur n’a qu’une parole ». Il a fallu lui expliquer que cette formulation n’était pas très adaptée aux sourds muets ! Cette information « interne » est d’autant plus importante que la coéducation sourds / entendants, base de notre choix pédagogique, suppose que les responsables des jeunes non sourds aient bien compris la règle du jeu ; les supports les plus fréquemment utilisés sont les revues du Mouvement, à destination des adolescents ou des responsables ;

- communication vers les établissements scolaires ensuite : pendant les premières décennies, la vie du groupe est totalement liée à celle de l’Institution, et les professeurs sont les premiers témoins des résultats de ce choix pédagogique concernant les loisirs. Leur information est nécessaire, de même que leur adhésion. Nous pouvons constater que cette relation a été établie de manière efficace, les supports les plus fréquemment utilisés étant les deux publications destinées aux professeurs : la « Revue Générale » d’une part, « publiée par le Corps Enseignant de l’Institution Nationale des Sourds-Muets de Paris » et le « Bulletin d’information » de la Société Centrale, notre partenaire dans la création de l’association Loisirs Éducatifs et du centre du Fieux ; plusieurs conférences de présentation de notre scoutisme ont été également réalisées dans les Instituts ;

- communication vers le milieu associatif, et, en particulier, les associations de parents : ici encore, il était nécessaire de présenter notre choix pédagogique dans toutes ses composantes : référence au scoutisme, valeurs de notre scoutisme d’extension, principe et modalités de la coéducation sourds / entendants, emploi pratique des moyens de communication adaptés… Ce milieu associatif était lui-même partagé sur les moyens de répondre aux problèmes posés par l’insertion sociale des jeunes. C’est la raison pour laquelle on trouve un certain nombre d’articles dans la revue « Communiquer » de l’ANPEDA et dans le bulletin de liaison de la FNAPEDIDA, associations nationale de parents d’enfants déficients auditifs. Dans le même esprit, notons l’information apportée aux associations d’adultes sourds (Confédération Nationale des Sourds de France) et aux amicales d’anciens élèves.

- communication vers les familles éventuellement intéressées et vers le grand public. Bien évidemment, les familles étaient systématiquement informées de l’organisation des séjours par les fiches de présentation diffusées annuellement. En ce qui concerne le grand public, les activités existent, reste à les faire connaître… Comme indiqué plus haut, les déficients auditifs commencent à sortir de l’anonymat et nos associations vont en profiter.

- communication vers les Pouvoirs Publics (Ministères, Mairie de Paris), soit directement, soit par l’intermédiaire de l’UNISDA.

Nous avons choisi de présenter quelques exemples de cette « communication » vers les divers destinataires évoqués ci-dessus.

 

Communication vers le Mouvement :

Une fiche très concrète, publiée en 1955, raconte aux responsables louveteaux comment présenter les jeux, d’extérieur et d’intérieur, mais aussi les grands jeux. Et la conclusion est sans appel : « Vous serez surprise de voir que votre jeu se déroulera, totalement différent de ce que vous avez imaginé. Et c’est à vous, alors, d’essayer de comprendre, de vous mettre dans le jeu, de tenir non pas le rôle que vous vous étiez destiné, mais celui que vos louveteaux viennent de vous donner ! »

 

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Les articles de ce genre sont assez nombreux dans les revues du Mouvement.

 

 

Communication vers les établissements scolaires :

Dans le parcours effectué tout au long des chapitres précédents, nous avons souvent rencontré des pages de la Revue Générale et du Bulletin d’information présentant nos activités. Pratiquement, la Revue Générale est surtout présente pour évoquer les activités de scoutisme, et pour la publication de la thèse de Catherine Lautmann sur le sujet (attention, elle n’est pas la seule, la revue publiait systématiquement les thèses des élèves-professeurs). À partir de 1963, la coopération avec la Société Centrale se traduit pas une présence permanente dans les numéros de son Bulletin d’Information, présence confirmée lorsque ce bulletin est devenu commun aux deux associations (Société Centrale et Loisirs Éducatifs) .

 

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Communication vers le milieu associatif et les associations de parents :

Indépendamment des informations sur les séjours et stages, on trouve dans la revue « Communiquer » de l’ANPEDA plusieurs articles de fond, en particulier sur nos choix pédagogiques et la notion d’intégration des handicapés. À titre d’exemple, un article paru dans la revue en 1979 :

 

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Le Foyer des Sourds de Paris, rue Thérèse, a souvent accueilli nos rencontres ; en témoigne en 1961 un article de l’Écho de Saint-Jacques remerciant le groupe.

 

Communication vers le « grand public » :

Au cours des premières années, le centre du Fieux était assez souvent cité dans la presse régionale, mais nous allons intéresser également, au plan national, quelques périodiques et, surtout, la télévision.

La deuxième chaîne nous consacrera une place importante dans le cadre de son journal du soir en ….. Une équipe complète – une journaliste, un cameraman, un responsable du son, un assistant – viendront passer deux jours sur place, avec autorisation de filmer toutes les activités avant sélection pour le passage à l’antenne. Le résultat en est assez intéressant et donne, à une heure de grande écoute, une information assez complète, et illustrée, sur nos réalisations. Dommage que les auteurs aient simplement oublié de citer l’association en fin d’émission !

La troisième chaîne, en charge des informations régionales, nous rendra également visite. Mais l’essentiel de cette communication se situera dans le cadre du « Journal des Sourds » installé sur Antenne 2 tous les samedis en fin de matinée. Nous aurons la possibilité d’y présenter nos calendriers d’activités et quelques reportages : c’est ainsi qu’un des séjours organisés hors du Fieux, avec le service E.E.D.F. « Vacances de jeunes filles » localisé dans le Var et les Hautes-Alpes, à Valescure et Annot, fera l’objet d’un long entretien avec la responsable des séjours, Claire Mollet, plus connue sous son « totem » de Cascade.

 

 

Nos relations

La vie associative du secteur :

Nos deux structures d’activités, le groupe E.E.D.F. et l’association L.E.J.S., se trouvent, à partir de 1965 / 1966, solidement installées dans le secteur de l’aide aux déficients auditifs aux côtés de la Société Centrale, comme en attestent plusieurs articles du Bulletin d’Information de celle-ci. Elles seront totalement parties prenantes de la recherche d’une coordination entre toutes les associations concernées, au moment de la création de l’UNISDA (Union Nationale pour l'Insertion Sociale du Déficient Auditif), remarquable opportunité de rencontrer d'autres associations agissant également dans le domaine de l'insertion des déficients auditifs, d'échanger réflexions et expériences et de mettre en commun des projets d'action auprès des Pouvoirs Publics, élargissant ainsi leur champ d’action.

Nous avons ainsi, pendant plusieurs années, animé le groupe de travail « Information » de l'UNISDA et, à ce titre, participé aux interventions vers :

- les sociétés de télévision, pour la réalisation d'émissions acces­sibles aux sourds,

- les pouvoirs publics, pour l'adaptation des campagnes électorales.

Quelques anecdotes de cette action, qui mérite un petit « arrêt sur image » – c’est bien le cas – sont racontées un peu plus loin.

L'association est impliquée dans la plupart des actions menées dans le cadre de l’Union ; notre conseil d'administration est composé, en majeure partie, de déficients auditifs. Par trois fois, il sera animé par des présidentes, elles-mêmes sourdes. Et nous sommes heureux de constater que de nombreux ani­mateurs d'autres associations sont passés par les stages ou les séjours de Loisirs Educatifs de Jeunes Sourds : notre double objectif d'adap­tation et d'intégration reste valable.

 

La télévision et les sourds

À partir des années 70, la télévision prend de plus en plus de place dans la vie, et les sourds en sont en grande partie privés, alors qu’elle représente évidemment un remarquable outil de communication. Des actions sont menées dans certains pays – Etats-Unis, Belgique francophone, entre autres – mais le nôtre semble ne pas se préoccuper de cette adaptation. Nous aurons donc à mener une action auprès de divers interlocuteurs, avec un début de résultat dès 1975 : l’UNISDA, par notre intermédiaire, participera très efficacement à la création du « Journal des Sourds », programmé en fin de matinée le samedi sur Antenne 2 :

 

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Nos activités et, en particulier, celles du centre du Fieux, y seront systématiquement présentées ; un reportage sera également effectué sur la participation d’un groupe de jeunes adolescentes sourdes aux activités du centre d’Annot dans les Alpes de Haute-Provence.

Un problème va être posé, d’une manière presque brutale, à l’occasion des campagnes électorales. Les candidats disposent d’émissions qui leur permettent de présenter leurs idées et leurs programmes, et ces informations ne sont pas accessibles aux électeurs sourds, ce qui représente une évidente injustice. L’UNISDA va donc se mobiliser sur ce sujet ; notre association, étant en charge du groupe de travail « Information », va piloter cette mobilisation.

Très rapidement, on peut retenir deux étapes :

- la préparation des élections législatives de 1978 où, en l’absence d’implication des pouvoirs publics, le contact sera recherché avec les partis politiques eux-mêmes, avec un succès mitigé mais en posant les premiers jalons,

- la campagne présidentielle de 1981, où l’action sera menée auprès des pouvoirs publics jusqu’au plus haut niveau, avec un premier résultat lors du deuxième tour : les deux dernières émissions seront sous-titrées.

Nos représentants seront impliqués dans les deux étapes. En particulier, Brigitte Vazquez sera la première sourde à intervenir en langue des signes au cours de l’émission du seul parti politique qui avait accepté cette proposition, le MRG (Mouvement des Radicaux de Gauche). Cet épisode est raconté un peu plus loin…

Un premier résultat a donc été obtenu dès 1981, avec le sous-titrage des émissions des deux candidats du deuxième tour. À noter qu’un problème juridique réel s’est présenté : les deux émissions ont été présentées le samedi par l’émission du « Journal des Sourds » sur Antenne 2, alors que la campagne était officiellement terminée ! Le Conseiller d’État président de la Commission de contrôle a bien voulu l’oublier…

 

 

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Mais le problème de l’adaptation des émissions électorales n’a pas été résolu pour autant : l’UNISDA a continué d’agir dans ce domaine, en particulier en prévision de la campagne présidentielle de 1988. À titre d’exemple, nous présentons en annexe une « question écrite » déposée par Monsieur André Lajoinie, député communiste, et une « proposition de loi » rédigée par Monsieur Pierre-Rémy Houssin, député R.P.R. : la plupart des partis politiques se sont intéressés au sujet…

 

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etc.

 

L’intervention de Brigitte Vazquez pour les élections législatives de 1978 mérite un petit « arrêt sur image » : seul le Mouvement des Radicaux de Gauche a accepté le principe de la traduction simultanée ; nous avons été avertis le matin pour un enregistrement le soir et le « patron » de Brigitte à l’Imprimerie Nationale a bien voulu la libérer in extremis. Mais les choses ne sont jamais simples : la loi prévoit un nombre maximum d’intervenants pour l’émission, et le Conseiller d’État en charge du contrôle n’a pas voulu considérer que la traductrice n’en fait pas partie, ce qui suppose que l’un des intervenants acceptent de ne pas intervenir… Pas évident ! Ensuite, la loi ne prévoit que trois « prises », et, comme le contenu des interventions orales change chaque fois, Brigitte ne peut pas le mémoriser. Finalement, elle raconte ce qu’elle a gardé en mémoire sans se préoccuper de la réalité. Et le lendemain, les commentaires des quotidiens sont intéressants, en particulier ceux qui indiquent que les téléspectateurs ont accordé plus d’importance à l’interprète qu’aux politiciens…

 

 

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