Les séjours en d'autres lieux

 Nous les avons articulés en deux volets : les « traditionnels », qui, pour la plupart, ont utilisé plusieurs fois les mêmes lieux, et les « exceptionnels » qui, comme leur nom l'indique, n'ont pas été répétitifs.

 

Les séjours « traditionnels »

Il est difficile, voire impossible, d’en faire un inventaire complet. Nous nous arrêterons donc sur quelques lieux particulièrement utilisés, et sur les activités correspondantes telles que nous les racontent les rapports de camp.

 

Les centres E.E.D.F. :

C’est ainsi que, par exemple, le centre E.E.D.F. de Saint-Jorioz a accueilli des séjours à partir de la fin des années 70. Conçu pour proposer des vacances à des adolescents d’origines très diverses, il s’est avéré adapté aux besoins de nos participants. Ci-après, le compte-rendu publié dans le journal régional en 1988 :

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Saint-Jorioz accueillait des garçons. À partir de 1975, nous avons utilisé, pour les adolescentes, le centre E.E.D.F. d’Annot dans les Alpes de Haute-Provence. La particularité de cet investissement était, justement, la recherche d’activités spécifiquement féminines à côté d’activités plus classiques, sportives, manuelles, culturelles… ou de la vie collective. C’est ainsi que les jeunes sourdes ont pu, en même temps que des entendantes, s’initier au maquillage (discret), à la coiffure, à la mode… Activités appréciées pour leur originalité ! Une reporter d’Antenne 2, venue sur place pour le Journal des Sourds du samedi matin, en a rendu compte.

 

Un autre lieu d’accueil mérite un « arrêt sur image » : le hameau de Bécours.  

Parmi les « hauts lieux du Mouvement, se détache plus particulièrement le hameau de Bécours, créé à partir des années 80 à partir d’une idée de Claire « Cascade » Mollet, responsable nationale, par une équipe motivée par la transformation de ce lieu abandonné en un centre de rencontres… Ce qui, évidemment, nous rappelait quelque chose et ne pouvait que provoquer de la sympathie pour ceux qui allaient, à leur tour, faire cette expérience.

Situé en moyenne montagne, pas très loin de Millau et du Larzac, ce hameau aveyronnais se présentait, à l’origine, plutôt comme un tas de ruines, que l’équipe en question a articulée en « maisons » et en lieux d’activités : réunions, veillées, cuisine, salles à manger, couchage, hygiène… Comme pour le Fieux quelques années plus tôt, le choix a été fait de rechercher un équilibre entre les contraintes administratives, toujours aussi pesantes que pas toujours justifiées, et la volonté affirmée de conserver un style qui ne soit pas celui d’un collège standard. Opération réussie, comme en témoigne un ouvrage paru voici quelques années et qui en raconte l’histoire (nom du bouquin à ajouter). Ci-après, quelques extraits des comptes rendus de séjours en 2000, 2001 et 2002 présentant le site et ses activités.

 

Extrait du rapport de Maël Bonsanti sur le séjour de l’été 2000 :

« Les activités peuvent être séparées en quatre groupes : activités sportives, activités artistiques, activités manuelles et vie collective.

La mise en place d’une base pédagogique scoute (autonomisation et responsabilisation de l’enfant et de l’animateur, participation aux tâches collectives) a été assez complexe. Il est possible d’y remédier bien avant la colonie en prévenant les parents, et par là même les enfants, de la base pédagogique qui a été choisie. Pendant la colonie, il est possible d’y remédier en impliquant les enfants dans la recherche de solutions pratiques pour favoriser et améliorer cette base pédagogique.

Les adolescents ont été fort intéressés par les échanges (lors d’activités ou de temps libres) qu’ils ont effectués avec les enfants entendants. Cet intérêt réciproque a vraiment enchanté les adolescents sourds et malentendants. (…)

L’ambiance générale était fort sympathique. Il y a eu très peu de conflits entre l’équipe d’encadrement et les adolescents et entre les adolescents eux-mêmes ».

 

 

Extrait du rapport de Peggy Pasquet sur le séjour de l’été 2001 :

« Ce camp installé dans la propriété des E.E.D.F. a accueilli 19 jeunes sourds et leurs animateurs. Intégrés à des groupes d’entendants français et étrangers, les sourds ont trouvé là un lieu de rencontres et d’échanges propice, leur permettant de faire valoir leur langue et leur culture.

Ils ont géré eux-mêmes leur espace, leurs activités. Ils ont pratiqué l’escalade, la spéléo, ils ont fait du canoë, des randonnées pédestres à la découverte de la région. Ils ont pris une part active aux grands jeux collectifs, partagé les veillées communes et réalisé des jeux de plein air avec le groupe belge ».

 

Extrait du rapport de Sylvie Hatte sur le séjour de l’été 2002 :

Ce camp scout, toujours apprécié des jeunes sourds, a réuni 21 jeunes et 7 animateurs. Installés sous tentes dans la propriété des E.E.D.F., à 20 km de Millau, ils ont campé à côté des groupes d’entendants venus des régions de France. L’intégration a de nouveau joué à plein et les jeunes sourds ont été très heureux de jouer selon leurs pratiques, leur spécificité, tout en accueillant avec curiosité l’expérience des groupes entendants.

Ils ont organisé eux-mêmes leur séjour, décidant librement de leurs activités, en collaboration ou non avec les entendants. (…) Ils ont réglé les problèmes de la vie quotidienne et des tâches domestiques avec l’équipe d’animation ».

 

 

Extraits du Livre d’Or de Bécours, suite à un séjour en 1997 :

« Bécours, c’est génial car il y a des groupes de toutes provenances : des sourds, des handicapés, des étrangers… et personne n’est exclu, nous sommes tous unis. Bécours gardera dans mon esprit l’image de l’accueil, de la tolérance et de la différence. Un moment merveilleux de ma vie » (Rébecca, 14 ans).

« Merci Bécours, car des personnes entendantes peuvent communiquer avec des sourds » (Angélique).

 

Le centre d’Anost :

Pendant une dizaine d’années, dans les années 90, l’ancienne école de Dront, à Anost dans le Morvan, a accueilli chaque été, sous la direction de Guylaine Paris, une trentaine d’enfants, issus pour la plupart des écoles de sourds de la région parisienne et encadrés par une dizaine d’adultes.

Ancien établissement scolaire transformé en centre de loisirs par la municipalité, ce lieu d’accueil offrait : couchage en dortoirs, cuisine aménagée, lingerie, infirmerie, salles de réunions et de jeux. À l’intérieur, jeux, contes racontés et mimes, décorations… À l’extérieur, promenades, visites de villages et de musées, baignades dans une base de loisirs… Des journées en poney, à travers la forêt, accompagnées par un guide forestier pour découvrir la flore et la faune. Et même, la dernière année, séjour en roulottes pendant deux semaines.

 

Ci-après extrait du rapport de ce séjour de 1999 :

«  La formule de ce séjour, nouvelle, camp itinérant en chariot pionnier dans le Morvan, a séduit les 11 participants, 5 filles et 6 garçons.

La semaine de détente et de préparation au camping d’Anost a permis aux jeunes adolescents de faire les apprentissages nécessaires au bon déroulement de la randonnée (montage et démontage des tentes) tout en se familiarisant avec les tâches de la vie quotidienne : cuisine, vaisselle, entretien du linge, rangements. Tous ont adhéré sans problème.

Les deux semaines suivantes ont mené le groupe d’Anost à Autun sur les routes de huit campings choisis en fonction de leur situation sur le périple et de leur intérêt sportif, éducatif et touristique. (…)

L’activité principale de ce séjour, à savoir les déplacements en chariot d’un camping à l’autre, a été bien réussie, les jeunes ont appris à accepter les contraintes de ce moyen de transport et se sont occupés sans rechigner des chevaux, des chariots, du matériel. L’équipe d’encadrement a vu avec satisfaction les jeunes s’affranchir et devenir de plus en plus autonomes ».

 

 

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D’autres lieux :

Comme l’atteste l’exemple précédent, une de nos préoccupations a toujours été de compléter l’offre du Fieux, en particulier par un choix plus axé sur les besoins des adolescents et l’envie d’aller voir ailleurs, en France ou à l’étranger, en camps fixes ou en itinérants, seuls, en coéducation ou en intégration avec des éclaireurs entendants.

En été, des séjours ont été organisés, entre autres,

-   dans les Cévennes, à Saint-Martin de Lansuscle, à Villefort,

-   en Alsace, dans les environs de Mulhouse,

-   dans les îles vendéennes en camps volants, à Belle-Île en Mer, en Corse,

-   dans l’Allier, à Laucamp, dans l’Aveyron, à Cantobre,

-   en Haute-Loire, à Aurec et à Pradelles,

-   en Limousin, à Guéret, Limoges, Vassivières,

-   en Bretagne, en particulier plusieurs fois à Piriac, Dol, Guenrouet, Fougères,

-   dans les Pyrénées Orientales, à Argelès sur Mer, en camp volant à la frontière,

-   à La Plagne, au chalet de l’Association des Sourds de France et à Bellecombe,

-   en Savoie, à Saint-Sorlin d’Arves…

 

Un article de Brigitte Féraud (future Mme Vazquez) paru dans l’Écho de Saint-Jacques en 1971 raconte un camp dans les Cévennes : 

« Cette année, au mois de juillet, nous étions, pour la première fois, à Saint-Martin de Lansuscle en Lozère. (…) La maison, typique, est dans la vallée, à côté d’un ruisseau où nous pouvions nous baigner. Derrière la maison, c’est la forêt. Le village est en haut de la montagne. Les habitants y sont très sympathiques. Aucun danger ne menaçant les enfants, ils pouvaient jouer en toute liberté : aucune circulation ne venait troubler leur ébats.

Nous étions trente-cinq, séparés en quatre groupes, avec un responsable à la tête de chacun. (…). Il y avait une personne qui s’occupait du ravitaillement, difficile dans ce pays montagneux.

Un autre responsable a appris aux jeunes à faire de la menuiserie, profitant du bois que l’on trouvait dans la forêt. Moi-même, je me suis surtout occupée d’animer les veillées. (…) Il y a eu un concours de cuisine, des jeux olympiques, des jeux d’eau, etc. Nous avons fait deux excursions : le première à Nîmes, la deuxième à Aigues-Mortes et au Grau du Roi. Nous nous sommes baignés dans la mer et nous avons aussi fait un tour en bateau, ce qui a beaucoup plu aux enfants.

Plusieurs spectacles, organisés par les responsables, ont eu lieu à Saint-Martin pour les villageois. Nous fûmes très applaudis.

Les enfants ont été très contents et très heureux de ce séjour ».

Complément d’information : l’animateur en « froissartage » était un responsable E.E.D.F. de Châteaurenard à côté d’Avignon.

Quelques pages du Bulletin d’information n°33 rendent compte du camp d’été de juillet 1971 au chalet des sourds de la Plagne et un groupe se fait photographier à Saint-Sorlin :

 

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En 1990, les responsables lancent un appel aux dons pour aider au financement d’un séjour prévu à Belle Île en Mer :

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Cet appel a reçu une réponse favorable de quelques artistes, en particulier Yves Montand et Claude Nougaro.

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Les séjours les plus spectaculaires, sous la conduite de Juliette Bardel, s’adressaient à de grands adolescents et à de jeunes adultes bien entraînés physiquement, pour pratiquer :

-   rafting, hydrospead, canoë, canyoning… à Savines le Lac,

-   spéléologie, canyoning, escalade, tyrolienne, randonnées, raid de plusieurs jours à Autrans en Vercors,

-   plongée sous-marine à Carry le Rouet

 

Extrait du rapport de Juliette pour le camp de juillet 1997 :

«  Ce séjour, qui s’adressait à de grands adolescents, a fait une large place à l’initiative des participants en leur permettant de choisir chaque jour le type d’activité correspondant à leur intérêt – activités liées principalement à la mer (perfectionnement de la natation, voile, planche à voile, kayak en mer, plongée…) mais également découverte du patrimoine naturel et culturel de la région. (…). La vie quotidienne, basée sur le même principe de la libre décision, a été prise en charge par l’ensemble du groupe : établissement des règles de vie, horaires, choix des menus, sorties tardives… Le camp organisé avec sérieux a été mené avec souplesse et efficacité ».

 

Les séjours « exceptionnels »

S’ils n’ont plus participé aux Jamborees, les jeunes sourds ont été présents à tous les rassemblements nationaux E.E.D.F. sur le territoire français, en particulier aux rencontres « Top 50 » à Saou en 1976, « Mosaïque » à Bécours où ils étaient une vingtaine en 1996, et aux rassemblements interrégionaux du Centenaire, à Lille, Metz et Carcassonne en 2011.

 

 

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En complément des séjours « traditionnels » en France, nous trouvons l’organisation  de séjours moins classiques, qui peuvent être considérés comme… exceptionnels :

- camps itinérants en Allemagne, en Autriche, en Slovaquie, en Pologne, en Irlande,

- camps de découverte du Maroc, de la Scandinavie, de l’Espagne, du Canada,

- rencontres d’animateurs, en Guyane Française,

- participation à des manifestations internationales : Jeux olympiques mondiaux des sourds, congrès internationaux…

 

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Belaid Ghermani raconte l’organisation et le déroulement d’un camp volant au Maroc en 1968 :

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En hiver, camps de neige (avec ou sans neige !) dans le Jura, les Alpes, les Vosges et, depuis plusieurs années, au Ballon d’Alsace.